Ce que nous dit la crise franco-algérienne. Guerres culturelles, enjeux migratoires et spectre colonial, par Nedjib Sidi Moussa – 27 avril 2026

Je tiens avant toute chose à remercier l’Université populaire de Chambéry pour son invitation à échanger avec vous sur une question sensible mais qui soulève des enjeux essentiels. Nous avons tous besoin, surtout à l’heure actuelle, d’espaces de discussion, à taille humaine, qui permettent d’échanger en toute liberté et de poursuivre le débat dans la convivialité.

Je vais donc vous parler ce soir des tensions entre la France et l’Algérie qui ont défrayé la chronique au cours des derniers mois. 

Cette « crise franco-algérienne », souvent réduite, en particulier dans le champ médiatique, à la seule relation entre deux États souverains, nous éclaire toutefois sur l’état de la société française dans son rapport passionnel à la question algérienne. 

C’est pourquoi il convient, à mon sens, de l’appréhender, pour mieux comprendre son intensité et ses effets, dans le cadre des guerres culturelles menées par les conservateurs, tant au sujet des enjeux migratoires que du passé colonial.

La crise la plus grave ?

L’an dernier, de nombreux analystes et experts se sont accordés sur le même constat : « la crise actuelle entre Alger et Paris est la plus grave depuis 1962. » [1] Xavier Driencourt semble d’ailleurs avoir fait partie des premières personnalités à avoir insisté, non seulement sur le caractère inédit de la situation, mais aussi sur sa gravité, non sans arrière-pensées. 

En effet, début janvier 2025, l’ancien ambassadeur de France en Algérie (de 2008 à 2012 puis de 2017 à 2020), déclare : « Nous sommes dans la plus grave crise de ces dernières années » [2]. Convaincu que « les Algériens ne comprennent que le rapport de force » [3], cet ancien diplomate proche des milieux ultra-conservateurs – il figure, en 2023, à la tête du comité stratégique du média d’extrême droite Livre noir, connu à présent sous le nom de Frontières – prône la fermeté à l’égard de ce pays depuis des années, au point d’en avoir fait un véritable fonds de commerce. 

Ses essais [4], parus en 2022 et en 2025 aux éditions de l’Observatoire, lui permettent de se répandre dans les médias, en particulier les titres emblématiques de la réacosphère – dont ceux appartenant à l’empire Bolloré (CNews, Europe 1, Le Journal du Dimanche) mais aussi dans Le FigaroVox, Le Point, Valeurs actuelles, etc. –, afin de distiller ses éléments de langage qui reprennent une rhétorique xénophobe et jouent sur le ressentiment postcolonial. Ainsi, il déclare en 2022, dans un entretien au très droitier Boulevard Voltaire :

« Donc, ce sont ces mêmes Algériens, élevés dans cette détestation de la France, qui d’une part critiquent, voire pour certains, détestent la France, mais en même temps rêvent d’y venir pour une vie meilleure, pour la famille, pour s’y installer, etc. Il n’y a rien de paradoxal, cela a toujours été le cas. Beaucoup estiment que la France leur doit cette immigration, prix de la colonisation ! » [5]

Une remarque s’impose sur la phrase que ne cesse de marteler Xavier Driencourt dans ses entretiens ou tribunes, à savoir : l’Algérie ou les Algériens « ne comprennent que le rapport de force ». En effet, ces mots – dont le choix est loin d’être anodin – résonnent de façon troublante avec ceux employés dans le contexte de la Guerre des Six-Jours qui, comme le souligne l’historien Yvan Gastaut, a donné lieu à un déferlement de racisme anti-arabe en France [6].

Citons, à titre d’exemple, l’hebdomadaire d’extrême droite Minute daté du 22 juin 1967 : « De toutes manières, avec les Arabes, une seule politique est possible, c’est celle de la trique et du coup de pied au cul. Car ils ne comprennent et ne respectent que la force ».

Cela étant, sans minimiser l’importance des tensions entre les États français et algérien – dont les régimes politiques procèdent tous deux d’une même séquence historique, à savoir la révolution anticoloniale –, peut-on véritablement affirmer qu’il s’agit de la crise la plus grave ? Dans Le Monde, le journaliste Frédéric Bobin fait davantage preuve de prudence et rappelle l’historique des dissensions entre la France et l’Algérie : 

« Faut-il plutôt remonter au coup de froid consécutif à la nationalisation du pétrole algérien, en 1971 ? Ou à la flambée d’agressions racistes contre des ressortissants algériens en France, au milieu des années 1970 ? Ou encore à la glaciation causée par les violences de la ‘décennie noire’ (années 1990), qui opposa l’armée algérienne aux maquis islamistes ? Ou, enfin, à la grande querelle de 2005 autour des manuels scolaires français, qui, selon un article de loi adopté au Palais-Bourbon (finalement abrogé par M. Chirac), devaient louer les ‘bienfaits’ de la colonisation ? » [7]

Cependant, ce rappel, qui permet de mettre en perspective les dissensions entre les deux États, nous invite aussi à formuler une observation : dans le champ médiatico-politique français, le traitement de la question algérienne demeure structurellement biaisé, puisque cette thématique reste, pour l’essentiel, connotée négativement et abordée, dans la plupart des cas, pour évoquer des événements tragiques, avec une grille de lecture le plus souvent teintée d’orientalisme. 

Il s’agit là non seulement d’un problème propre aux logiques médiatiques en tant que telles – et que l’on retrouve donc sur de nombreux autres sujets – mais qui révèle aussi, de façon plus spécifique, la manière dont on aborde les objets habituellement relégués au rang de subalternes.

Une crise franco-française

Toujours est-il que le climat entre Paris et Alger s’est fortement détérioré suite à une lettre d’Emmanuel Macron adressée le 30 juillet 2024 à Mohammed VI, à l’occasion de la fête du Trône, dans laquelle le président de la République française reconnaît la « souveraineté marocaine » du Sahara occidental [8]. Précisons toutefois, comme le mentionne Human Rights Watch, que le « Sahara occidental est inscrit depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes des Nations Unies » [9], aux côtés de la Nouvelle-Calédonie/Kanaky.

Cette reconnaissance a été perçue, par de nombreux observateurs, comme « l’élément déclencheur de la crise actuelle » [10]. S’il était alors possible, sur le moment, d’envisager « une nouvelle phase de crispation » [11], rien ne pouvait laisser présager une telle ampleur. Pourtant, après la publication d’un communiqué de presse du Ministère algérien des Affaires étrangères exprimant la « profonde désapprobation » du gouvernement algérien, l’Algérie a pris la décision, le 30 juillet 2024, de rappeler son ambassadeur en France. 

Seulement, ce type de mesure avait déjà été pris au moins à deux reprises au cours de la dernière période : en octobre 2021, en réaction aux propos attribués à Emmanuel Macron sur la « rente mémorielle » entretenue en Algérie par le « système politico-militaire » [12], puis, en février 2023, suite à l’exfiltration d’une militante algérienne vers la France via la Tunisie [13]. 

Cela n’avait toutefois pas empêché, entre ces deux manifestations diplomatiques de protestation, la visite officielle et d’amitié d’Emmanuel Macron à Alger et Oran en août 2022.

Sans nier la dynamique propre aux tensions algéro-marocaines – marquées par une rupture des relations diplomatiques en août 2021 [14] –, ni sous-estimer le rôle, pas toujours équilibré, de l’ancienne puissance coloniale – permis par l’échec de la construction maghrébine, cent ans après la création de l’Étoile nord-africaine qui revendiquait toutefois l’indépendance et l’unité de la région –, la gravité de la crise franco-algérienne doit plutôt se comprendre, par contraste avec l’analyse géopolitique, en raison de son caractère domestique. 

En effet, il s’agit d’appréhender cette séquence comme l’illustration de la centralité refoulée de la question algérienne en France. Par conséquent, il convient de saisir la conjoncture actuelle comme la manifestation d’une crise franco-française au cours de laquelle l’Algérie sert de prétexte et de support à l’expression des passions les plus tristes.

À la différence de 2021 ou de 2022, les institutions de la Cinquième République – issue, comme chacun le sait, du contexte de la guerre menée contre le peuple algérien en lutte pour son indépendance – apparaissent fragilisées à bien des égards, en particulier suite à la dissolution de l’Assemblée nationale annoncée le 9 juin 2024 par Emmanuel Macron.

Loin d’apporter davantage de stabilité, ce « pari raté » a, bien au contraire, affaibli tout à la fois le chef de l’État, son camp politique mais aussi le régime républicain. La campagne électorale a également donné lieu à un déferlement de haine contre les binationaux – en particulier franco-algériens mais aussi, par extension, contre tous les descendants de l’immigration postcoloniale ou extra-européenne – menée par le Rassemblement national (RN) ainsi que par Les Républicains (LR). Jordan Bardella a notamment proposé d’interdire l’accès aux « postes les plus stratégiques de l’Etat » pour les binationaux [15]. 

Cette annonce fait suite à une proposition de loi déposée en janvier par Marine Le Pen qui prévoit, entre autres, d’ « interdire l’accès à des emplois dans l’administration, des entreprises publiques et des personnes morales chargées d’une mission de service public aux personnes qui possèdent la nationalité d’un autre État. » [16]

Pour appuyer cette démarche, le député RN Sébastien Chenu s’est même appuyé sur le précédent algérien en la matière – ce qui n’a pas manqué de susciter l’ironie dans certains milieux [17]. En l’occurrence, la révision constitutionnelle de 2016 réserve l’accès aux hautes responsabilités de l’État à ceux qui jouissent de la « nationalité algérienne exclusive ». La mouture de 2020 indique que les emplois « liés à la souveraineté et la sécurité nationales » font l’objet de dispositions spécifiques, ce qui permet d’écarter les binationaux. 

Cet exemple – en apparence paradoxal – confirme l’intérêt de l’extrême droite française pour l’ancienne colonie qui reste donc une source d’inspiration, surtout quand il s’agit pour cette famille politique de restreindre les libertés ou de stigmatiser une partie de la population.

La dénonciation de l’accord de 1968

La dissolution a permis au RN – héritier, faut-il le rappeler, du Front national, créé par d’anciens collaborationnistes et activistes de l’Algérie française – et ses alliés de réaliser un score historique avec 33,4 % des suffrages exprimés au premier tour ainsi qu’à Bruno Retailleau d’être nommé ministre de l’Intérieur en septembre 2024. 

Cette promotion donne ainsi plus de poids aux partisans d’une ligne encore plus répressive à l’égard de la question migratoire, en particulier concernant les ressortissants algériens qui cristallisent l’animosité des conservateurs français. Ainsi que l’écrivent les chercheuses Farida Souiah et Juliette Dupont, « la question des mobilités est un point de crispation récurrent des relations franco-algériennes » [18]. 

Cependant, depuis quelques années, l’accord franco-algérien sur l’immigration de 1968 fait l’objet d’une campagne de la part de la droite et de l’extrême droite qui vise à le dénoncer. 

En mai 2023, la Fondation pour l’innovation politique – qui se présente comme « un think tank libéral, progressiste et européen », dirigé par Dominique Reynié, politiste engagé à droite – publie une étude de Xavier Driencourt sur le sujet [19]. Le résumé du document, dont je ne cite qu’un extrait, donne à lire toutes les obsessions de la mouvance conservatrice :

« (…) les Algériens constituent la première nationalité étrangère en France. Or, l’accord de 1968 prive le législateur et le gouvernement français de la possibilité d’agir significativement sur les flux en provenance de l’Algérie. La situation de la France est d’autant plus défavorisée, que l’Algérie ne remplit pas ses obligations, notamment en ce qui concerne la délivrance des laissez-passer consulaires sans lesquels il n’est pas possible de réaliser les obligations de quitter le territoire français (OQTF). Il apparaît donc qu’aucune politique migratoire cohérente ne soit possible sans la dénonciation de l’accord franco-algérien. »

Le 5 juin 2023, l’ancien Premier ministre Edouard Philippe plaide, dans un entretien à L’Express, pour la dénonciation de l’accord de 1968, adoptant une rhétorique très droitière [20]. Il est suivi de peu par le président du Sénat, Gérard Larcher, qui appelle à le « réexaminer » [21]. 

Le 6 juin, Eric Ciotti et des députés LR déposent à l’Assemblée nationale une proposition de résolution appelant à dénoncer l’accord franco-algérien pour « arrêter l’immigration de masse » [22] puis, le 26 juin, Bruno Retailleau et ses collègues entreprennent la même démarche au Sénat : il s’agit, là aussi, d’ « arrêter l’immigration de masse » [23]. Sans surprise, les députés et les sénateurs de droite font référence, dans leurs propositions, à l’étude de Xavier Driencourt.

Deux ans plus tard, cette campagne débouche sur l’adoption, par 185 voix contre 184, d’une proposition de résolution « visant à dénoncer les accords franco-algériens de 1968 », présentée à l’Assemblée nationale par le groupe RN le 30 octobre 2025 [24].

Cela étant, le texte du RN daté de 2025 apparaît presque « modéré » comparé à ceux présentés par la droite dite « républicaine » deux ans plus tôt. Il ne s’agit pas de dénoncer « l’immigration de masse » mais « l’immigration illégale, non maîtrisée ».

Dans le contexte de la « crise franco-algérienne », le parti d’extrême droite ne semble pas avoir eu besoin de verser dans la surenchère xénophobe, d’autant que des représentants de la droite et du centre se sont déjà ralliés à son point de vue sur cette question – mais aussi sur d’autres thématiques –, consacrant ainsi « l’union des droites » sur le dos de l’immigration algérienne, bouc émissaire depuis près d’un siècle et désormais déshumanisée à travers le sigle OQTF.

Le RN s’est même payé le luxe de citer, non pas l’étude de Xavier Driencourt, mais plutôt – suprême paradoxe – les rapports d’Amnesty International et de Human Rights Watch pour pointer les « atteintes graves à la liberté d’expression » en Algérie. 

En outre, l’émotion suscitée par la détention en Algérie de l’écrivain Boualem Sansal et du journaliste Christophe Gleizes – tous deux mentionnés dans le texte – ont sans doute permis à la proposition de résolution d’apparaître plus consensuelle.

Je me permets ici une brève remarque concernant la dénonciation de l’accord franco-algérien de 1968 par la droite qui sait pourtant que le texte a été revu plusieurs fois et qu’il ne procure aucun privilège aux ressortissants algériens, d’autant qu’il a contribué à restreindre la liberté de circulation instaurée après l’indépendance ainsi que le rappelle le juriste Hocine Zeghbib [25]. 

Par-delà l’obsession anti-algérienne et anti-immigrés de la mouvance conservatrice, il faut sans doute chercher une autre raison dans la fétichisation de cet accord qui tient probablement à l’année de son adoption, 1968, d’autant que la droite est engagée, de longue date, dans une « pensée anti-68 » – pour reprendre la formule de Serge Audier [26] –, visant à remettre en cause l’élan contestataire porté par la grève générale de mai-juin 1968 en France. Ce qui revient à « faire d’une pierre deux coups » dans le cadre des guerres culturelles menées par la droite.

Les guerres culturelles

L’arrestation de Boualem Sansal, le 16 novembre 2024, à son arrivée en Algérie a très certainement concouru à l’aggravation de cette crise. La campagne pour sa libération, menée avec beaucoup de fracas par la droite et l’extrême droite, a également donné lieu à des dissensions au sommet de l’État, divisé entre partisans du dialogue avec les autorités algériennes – en particulier du côté du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot – et partisans de la fermeté à l’égard d’Alger, comme chez Bruno Retailleau.

Cette triste affaire, dont les répercussions sont multiples dans la vie politique et culturelle, a toutefois révélé, pour qui en doute, la grande difficulté à énoncer quelques faits pourtant vérifiables et connus sur la proximité idéologique de l’écrivain avec l’extrême droite. 

Il a fallu attendre quelques mois après sa libération – survenue le 12 novembre 2025 –, pour que la presse française, jusqu’alors alignée sur les éléments de langage de son comité de soutien – fondé par Arnaud Benedetti, et présidé par Noëlle Lenoir – ou de son éditeur historique – Antoine Gallimard – commence à dévoiler un pan de la vérité.

Rappelons au passage que Noëlle Lenoir avait déclaré le 8 août sur CNews : « Nous avons en France des millions d’Algériens qui pourraient sortir un couteau dans le métro, dans la rue ou conduire leur voiture pour renverser des passants. » 

Cela montre bien, s’il le fallait, qu’il ne s’agissait pas seulement d’obtenir la libération d’un écrivain. Il suffit de lire le compte-rendu d’une conférence de presse tenue en juillet dernier à la Maison de l’Amérique latine par des soutiens de Boualem Sansal pour comprendre dans quel agenda s’insérait cette mobilisation :

« Face à la capacité de nuisance d’un régime qui peut refuser de recevoir ses citoyens sous OQTF, la France dispose en effet de quelques leviers : la dénonciation de l’accord de 1968 sur les visas ; plus largement la gestion des visas accordés aux ressortissants algériens, qui sont actuellement de l’ordre de 250.000 par an ; la possibilité de réduction du nombre des consulats algériens. Xavier Driencourt, ancien ambassadeur de France à Alger, rappelle le décalage entre le nombre des consulats algériens en France, passés de 18 à 20, et des consulats de France en Algérie, 3 seulement ; la réciprocité peut également être envisagée pour les autorisations de déplacements des diplomates des deux pays ; enfin, la question du monopole accordé à la grande mosquée de Paris par le président Tebboune pour la certification halal peut être interrogée. » [27]

Mais revenons au revirement spectaculaire auquel nous assistons depuis quelques semaines au sein d’une presse qui s’était engagée de façon inconditionnelle dans le soutien à l’auteur emprisonné, en censurant au passage toutes les voix critiques ou nuancées à ce propos. 

En réalité, deux événements ont provoqué ce changement d’attitude : l’annonce, le 12 mars 2026, du départ de Gallimard de Boualem Sansal pour rejoindre Grasset, placé dans l’orbite du groupe Bolloré ; puis le limogeage, le 14 avril, de Pierre Nora – à la tête de Grasset depuis plus de vingt-cinq ans –, suite à un désaccord sur le prochain livre de l’écrivain franco-algérien.

Le 2 avril 2026, Libération ouvre le bal en publiant une enquête sur les coulisses de ce transfert. Pour la première fois, la dérive droitière de Boualem Sansal est évoquée dans un grand média :

« Au fil de son succès, de l’embrasement du monde, après les attentats jihadistes sanglants de 2015 à Paris, l’écrivain s’est durci, rongé par ‘l’hydre islamiste’. Il a gommé ses subtilités camusiennes, amalgamant islam et islamisme, multipliant les sorties médiatiques fiévreuses, annonçant ‘l’islamisation de la France’, la mort de la République, de sa langue. » [28]

Le lecteur apprend même que Xavier Driencourt a coopté Boualem Sansal au sein du comité stratégique de Frontières, une information que bien des journalistes s’étaient gardés de mentionner au cours de la dernière période. 

En dehors du journaliste et critique littéraire Faris Lounis [29] – ainsi que ma modeste personne, au prix d’un cyberharcèlement, d’une campagne de dénigrement orchestrée par la fachosphère (ainsi que ses alliés de gauche) et d’un bannissement par la plupart des médias – rares étaient les personnes à rappeler cette collusion avec l’extrême droite française et internationale qui remonte en réalité à plus d’une décennie.

Le 6 avril 2026, Le Nouvel Obs publie à son tour une enquête sur le transfert de Boualem Sansal, en soulignant, au passage, sa proximité avec Jordan Bardella et Eric Zemmour, ainsi que les amalgames qui ont fait son succès auprès du lectorat conservateur :

« (…) l’écrivain ne s’embarrasse pas de nuances et met islam et islamisme dans le même sac, ne voyant qu’une différence de degré. En 2015, paraît 2084, dystopie sur le totalitarisme islamiste inspirée d’Orwell et vendue à plus de 300 000 exemplaires. Le livre est encensé par Michel Houellebecq. ‘Le fait que Houellebecq, souvent classé islamophobe, me considère comme plus radical, c’est assez terrible, déclare alors l’auteur aux Inrocks. Mais rien ne me gêne.’ En 2021, dans l’ouvrage collectif Trois jours et trois nuits. Le grand voyage des écrivains à l’abbaye de Lagrasse (Julliard-Fayard), lui, qui aime se présenter comme un apôtre de la laïcité, écrit : ‘Vatican II a répandu le wokisme et la “cancel culture” dans le monde occidental.’ » [30]

Le 7 avril 2026, Le Monde publie une nouvelle enquête sur cette affaire qui agite un microcosme culturel soumis à des logiques industrielles qui ne paraissaient jusque-là guère inquiétantes. Le « quotidien de référence » révèle par exemple qu’après sa libération, l’écrivain rencontre plusieurs personnalités politiques de droite, dont l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, le président du Sénat Gérard Larcher, la présidente du conseil régional d’Île-de-France Valérie Pécresse, ou encore l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau.

L’article nous apprend encore que la cheville ouvrière du comité de soutien, Arnaud Benedetti, présenté comme un « politiste conservateur et souverainiste », a formé, dès l’annonce de l’arrestation de Boualem Sansal, un groupe qui compte, parmi ses premiers membres :

« (…) les écrivains Kamel Daoud et Kamel Bencheikh, l’historien Benjamin Stora, l’ancien ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer et l’ancien ambassadeur en Algérie Xavier Driencourt, devenu conseiller de certains cadres du Rassemblement national (RN). Tous ont des liens avec l’Algérie, soit par la naissance, soit par le travail dans le cas de Driencourt. Dans le premier cercle, on trouve aussi le sondeur Stéphane Rozès, qui fut l’un des fondateurs du Mouvement des citoyens de Jean-Pierre Chevènement, mais aussi Noëlle Lenoir, ministre des affaires européennes (2002-2004) dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, dont les propos sur CNews visant les Algériens en France ont entraîné un dépôt de plainte de SOS Racisme. » [31]

Ces éléments nous éclairent aussi sur la radicalisation d’un personnel politique mais aussi de certains artistes, experts ou intellectuels passés, au fil du temps, du rôle de « tribun du peuple » à celui de « conseiller du prince » dans un régime affaibli et qui se montre étrangement complaisant à l’égard d’une extrême droite revancharde.

Certains observateurs ont semblé surpris de voir en « une » du Journal du Dimanche, le 12 avril 2026, Boualem Sansal apparaître, tout sourire, aux côtés de Philippe de Villiers afin d’alerter, sur un ton volontiers catastrophiste : « Notre pays est au bord de l’abîme ». En l’espèce, nous pouvons citer Joseph Reinach : « n’est vraiment surpris que qui veut bien l’être » [32].

En l’occurrence, nous voyons une fois de plus le rôle peu reluisant attribué à des hommes de lettre originaire d’Algérie qui, comme Boualem Sansal, servent, en connaissance de cause, à alimenter un climat anxiogène au sujet de l’immigration, de l’islam – souvent amalgamé à l’islamisme – et de l’Algérie, permettant de relativiser les crimes du colonialisme pour mieux instrumentaliser les clivages hérités de la « guerre civile » des années 1990. 

Ce qui explique pourquoi Kamel Daoud, auteur d’un roman médiocre – Houris, paru chez Gallimard –, et chroniqueur au Point, a reçu le prestigieux prix Goncourt, le 4 novembre 2024, en pleine « crise franco-algérienne », malgré les révélations de Saâda Arbane, victime du terrorisme islamiste en Algérie, qui a accusé l’écrivain radicalisé d’avoir pillé son histoire. Mais la voix d’une femme algérienne ne pèse pas lourd dans le champ médiatico-politique français.

Ressentiment postcolonial

Mais revenons à Arnaud Benedetti. Figure peu connu du grand public, l’enquête du Nouvel Obs permet d’en savoir davantage sur sa biographie et ses liens personnels avec l’Algérie :

« Fils d’un gros céréalier de l’Algérie coloniale, l’homme est de droite et multicarte : politologue habitué des plateaux télé – notamment CNews et Europe 1, les antennes de la galaxie Bolloré, indéfectibles soutiens de Sansal – patron de la Nouvelle Revue politique, professeur à l’université Paris-Sorbonne, directeur de collection aux Editions du Cerf, où il publiera l’an prochain un essai sur la démocratie de son ‘ami’ Boualem Sansal, qu’il connaît ‘depuis une dizaine d’années’. »

En réalité, l’inscription du fondateur du comité de soutien à Boualem Sansal au sein de la réacosphère est bien plus dense que ne le laisse penser ce portrait. 

En effet, Arnaud Benedetti – qui déclare à Libération : « Je suis d’une famille pied-noir : l’Algérie est importante dans mon parcours, même si je suis né après l’indépendance, en 1965 » [33] – contribue ou intervient depuis au moins une décennie dans les médias de « la droite de la droite » – par-delà la seule « galaxie Bolloré » – comme Atlantico (depuis janvier 2015), le FigaroVox (depuis janvier 2016), Causeur (depuis avril 2017), Valeurs actuelles (depuis avril 2017), Le Point (octobre 2018), Boulevard Voltaire (depuis novembre 2021), Front populaire (depuis décembre 2021), Marianne (depuis juin 2022), etc.

S’il reprend, dans ses chroniques, tribunes ou entretiens, les thèmes communs à la mouvance conservatrice, Arnaud Benedetti intervient de façon régulière sur la question algérienne – bien avant la « crise franco-algérienne », ce qu’il poursuit d’ailleurs depuis la libération de son ami Boualem Sansal avec lequel il partage un imaginaire familier et des affinités propres à leur famille de pensée hostile par définition à la gauche ou à tout ce qui s’en approcherait.

Ce spécialiste de la communication politique vient d’ailleurs de réagir, dans une interview mise en ligne ce jour sur le site Atlantico, aux propos d’Emmanuel Macron qui s’en est pris, hier, aux « mabouls qui disent qu’il faut se fâcher avec l’Algérie » [34]. Seulement, pour Arnaud Benedetti, le problème serait bien plus profond :

« L’acte inaugural, c’est lorsque Emmanuel Macron est candidat et qu’il déclare qu’il qualifie la colonisation en Algérie de ‘crime contre l’humanité’. Il y a ici le fondement de toute sa politique : une politique qui vise à penser qu’on va amadouer le pouvoir algérien en travaillant sur les enjeux mémoriels, parfois au mépris de l’Histoire, en étant extrêmement conciliant et prêt à accepter une forme de repentance vis-à-vis du régime algérien concernant l’histoire de la colonisation et notamment la guerre d’Algérie. » [35]

Cette rhétorique n’a rien de nouveau chez Arnaud Benedetti qui s’en était déjà pris, dans une chronique parue dans Valeurs actuelles en 2019, à ce qu’il appelle le « parti de la repentance » mis en parallèle avec le « parti colonial » de la fin du XIXème siècle [36]. 

Suite à la remise du rapport commandé à l’historien Benjamin Stora – pourtant très modéré –, le chroniqueur a même qualifié Emmanuel Macron, en mars 2021, de « sous-traitant de la propagande algérienne » [37] en reprenant le même vocable de « repentance » cher aux nostalgiques du colonialisme. De même, fin mars 2025, l’intellectuel conservateur publie un éditorial dans sa revue – en partenariat avec Radio Orient – où il reprend cette thématique pour asséner sa lecture révisionniste de l’histoire coloniale et son animosité envers ceux qu’il nomme les « autocrates » d’Alger :

« La demande permanente de repentance est leur moteur et leur alibi surtout pour dissimuler leurs propres échecs. Depuis 2017, ils ont non sans succès beaucoup misé sur Emmanuel Macron qui leur aura beaucoup donné, notamment en affirmant dans une déclaration aussi imprudente qu’inexacte que la France s’était durant 130 années adonnée à la perpétuation de crimes contre l’humanité. » [38]

Force est de constater qu’outre l’usage de terme connoté de « repentance » et la relativisation des crimes du colonialisme, Arnaud Benedetti tient à faire de cette question un enjeu diplomatique et donc exogène alors que la reconnaissance du passé colonial est également – pour ne pas dire d’abord et surtout – une problématique endogène, posée par la société française.

Cela étant, ce cadrage ou cet aveuglement en disent long sur la vision du monde et de l’histoire propre à son camp politique. Mais il faut bien souligner que la politique mémorielle menée par Emmanuel Macron depuis son accession au pouvoir n’a guère contribué à clarifier les enjeux, loin de là. D’autant que sa « droitisation » au fil des années n’a cessé de donner des gages à une mouvance conservatrice qui demandait toujours plus de concessions à son idéologie.

Algérie, Palestine, même combat

Pour conclure, j’aimerais souligner un dernier point, et non des moindres, qui permet, à mon sens, de comprendre la tournure prise par la « crise franco-algérienne ». 

En effet, celle-ci s’est combinée à l’onde de choc provoquée par les attaques terroristes du Hamas perpétrées le 7 octobre 2023 suivies de la guerre d’annihilation menée depuis par l’armée israélienne à Gaza, avant de s’étendre à d’autres pays de la région.

Le conflit et les massacres de civils se sont répercutés avec une grande intensité parmi les divers segments de la société française, désorientés par le traitement biaisé de l’information et choqués par le soutien inconditionnel apporté au gouvernement israélien par de nombreux décideurs.

En toute logique, les personnalités réactionnaires mentionnées dans mon exposé ont associé leur hostilité à l’Algérie – mais aussi aux immigrés algériens et aux citoyens français d’origine algérienne – à une animosité à l’égard de la Palestine et donc à un soutien immodéré au gouvernement israélien d’extrême droite dirigé par Benjamin Netanyahu. 

C’est le cas par exemple d’Arnaud Benedetti qui, dans une chronique publiée par Valeurs actuelles en octobre 2023, estime que l’attaque du Hamas n’est autre qu’ « une réplique de la guerre menée par l’islam contre l’Occident » avant de développer les poncifs habituels :

« Ce qui se passe en Israël ne sera pas sans effets en France. Il y a longtemps que le conflit israélo-palestinien s’est invité dans l’Hexagone. L’antisémitisme a proliféré dans beaucoup de territoires communautarisés, incitant, hélas, nombre de nos compatriotes juifs à chercher ailleurs une existence plus paisible. Le constat n’est pas nouveau et il risque de s’amplifier. Israël historiquement est une sentinelle et un verrou : une sentinelle démocratique dans un océan de régimes autocratiques, voire théocratiques, et un verrou, en ce sens qu’il est un îlot d’Occident et de ses valeurs là où l’Orient est travaillé par des forces multiples et complexes. Dans cet enchevêtrement oriental parfois illisible, Israël est une pointe avancée à l’épreuve des défis auxquels les Occidentaux sont par vagues successives confrontés : le tiers-mondisme marxisant hier, l’islamisme aujourd’hui. » [39]

Pour sa part, Xavier Driencourt a publié, en juillet 2025 dans le Figarovox, une tribune qui réagit à l’annonce d’Emmanuel Macron de reconnaître un État palestinien, en liant cet enjeu à la question algérienne et plus singulièrement à la politique intérieure de la France :

« S’il y a bien deux pays vis-à-vis desquels notre politique étrangère semble dictée, de façon croissante, par des considérations de politique intérieure – au risque d’une incohérence ou d’une impuissance diplomatique – ce sont bien  l’Algérie et Israël. Deux pays à première vue dissemblables, mais qui ont en commun une histoire lourde avec la France, une relation façonnée par la mémoire et une forme de repentance – colonisation d’un côté, participation à la Shoah de l’autre – et une forte présence dans notre société à travers des communautés binationales très actives. Deux pays qui mettent à nu, chacun à leur manière, les ambiguïtés d’une diplomatie française de plus en plus autocensurée, comme paralysée par ses propres fragilités internes. » [40]

Cela étant, l’ancien diplomate semble préoccupé par l’ « islamisme radical » venu « d’Algérie, de Gaza ou d’ailleurs », mais aussi par la gauche qu’il accuse de « bienveillance postcoloniale teintée de remords et de culpabilité ». Xavier Driencourt en profite au passage pour faire le procès d’une extrême gauche suspectée de faire preuve d’ « un clientélisme assumé, souvent mêlé de rhétorique propalestinienne, d’islamisme dévoyé et d’antisémitisme latent ».

Mais l’essayiste conservateur apparaît angoissé par l’immigration d’origine algérienne, présentée comme « la première immigration extra-européenne en France, immigration musulmane, essentiellement familiale », estimée à 10 % de la population française.

Ne nous y trompons pas. La « crise franco-algérienne » de ces derniers mois a d’abord été un épisode des guerres culturelles menées en France par le camp conservateur afin d’alimenter un climat d’hostilité à l’égard des idéaux émancipateurs portés par la gauche, une animosité dirigée contre les immigrés ou les citoyens français originaires de la rive Sud de la Méditerranée, une attaque en règle contre le droit international au plan extérieur et contre les principes associés à l’État de droit – ou à l’État-providence – sur le plan intérieur.

Ces questions, on l’aura compris, ne peuvent se réduire à l’action en faveur de quelques personnalités qui, demain, seront sans doute oubliées. 

Elles soulèvent des enjeux bien plus importants qui touchent à la possibilité de faire société dans un environnement hostile ; à la possibilité d’être informé indépendamment de la raison d’État ou des pressions politiciennes ; à la possibilité de se cultiver sans se soumettre aux logiques d’une industrie en voie de concentration accélérée ; à la possibilité de pouvoir circuler librement sans craindre d’être humilié par une administration aux aguets ; à la possibilité d’exprimer sa solidarité avec les peuples opprimés sans être suspecté d’alimenter la haine ou de nier les crimes contre l’humanité ; à la possibilité, enfin, de pouvoir imaginer une société et un monde fondés sur d’autres principes que la guerre, l’exploitation, le racisme, la désinformation, le sexisme ou le ressentiment. Car il est toujours temps d’agir…

Je vous remercie de votre attention.

Notes

[1] Brahim Oumansour, « Relations franco-algériennes : derrière la désescalade des tensions, quels enjeux ? », iris-france.org, 14 avril 2025.

[2]  Quentin Gérard, « Tensions entre la France et l’Algérie : ‘Nous sommes dans la plus grave crise de ces dernières années’ », publicsenat.fr, 6 janvier 2025.

[3]  AFP, « La France trop ‘timorée’ vis-à-vis de l’Algérie, selon l’ex-ambassadeur à Alger », 16 mars 2022.

[4]  Xavier Driencourt, L’énigme algérienne : chroniques d’une ambassade à Alger, Paris, éditions de l’Observatoire, 2022 ; France-Algérie, le double aveuglement, Paris, éditions de l’Observatoire, 2025.

[5]  Gabrielle Cluzel, « [Entretien] Xavier Driencourt : ‘Avec Alger, seul le rapport de force compte’ », bvoltaire.fr, 8 octobre 2022.

[6]  Yvan Gastaut, « La Guerre des Six jours et la question du racisme en France », Cahiers de la Méditerranée [en ligne], 71, 2005.

[7]  Frédéric Bobin, « Algérie-France : Une crise tectonique », Le Monde, 31 mars 2025.

[8]  « Sahara occidental : ‘Son présent et son avenir s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine’, affirme la France », rfi.fr, 30 juillet 2024.

[9]  « ONU : Le droit à l’autodétermination des habitants du Sahara occidental est menacé », hrw.org, 25 mars 2026.

[10]  « Quelles sont les principales raisons de la crise entre l’Algérie et la France ? », information.tv5monde.com, 19 mars 2025.

[11]  Frédéric Bobin, « L’Algérie met en garde la France contre une évolution de sa position sur le Sahara occidental », lemonde.fr, 26 juillet 2024.

[12]  « L’Algérie rappelle son ambassadeur en France après des propos critiques d’Emmanuel Macron », france24.com, 2 octobre 2021.

[13]  « Affaire Amira Bouraoui : l’Algérie rappelle son ambassadeur en France », information.tv5monde, 8 février 2023.

[14]  « L’Algérie rompt ses relations diplomatiques avec le Maroc », lemonde.fr, 24 août 2021.

[15]  Rose-Amélie Bécel, « Législatives 2024 : le RN peut-il interdire les ‘emplois sensibles’ aux Français binationaux ? », publicsenat.fr, 25 juin 2024.

[16]  « Proposition de loi constitutionnelle Citoyenneté-Identité-Immigration », enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale le 24 janvier 2024, assemble-nationale.fr

[17]  Benoît Delmas, « Binationaux : le RN et l’Algérie, même combat ! », lepoint.fr, 26 juin 2024.

[18]  Farida Souiah et Juliette Dupont, « Crise diplomatique franco-algérienne : les visas au cœur des tensions bilatérales », theconversation.com, 5 mars 2025.

[19]  Xavier Driencourt, « Politique migratoire : que faire de l’accord franco-algérien de 1968 ? », fondapol.org, mai 2023.

[20]  « Exclusif. Edouard Philippe : immigration ‘subie’, Algérie, délinquance… ‘On crève des non-dits’ », propos recueillis par Paul Chaulet, Laureline Dupont et Eric Mandonnet, lexpress.fr, 5 juin 2023.

[21]  « France/Immigration : le président du Sénat veut ‘réexaminer’ l’accord avec l’Algérie », i24news.tv, 7 juin 2023.

[22]  « Proposition de résolution, par les autorités françaises, de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 », enregistré à la présidence de l’Assemblée nationale le 6 juin 2023, assemblee-nationale.fr

[23]  « Accord franco-algérien du 27 décembre 1968 », texte déposé au Sénat le 26 juin 2023, senat.fr

[24]  Raphaël Marchal, « Dénonciation des accords franco-algériens de 1968 : un texte du RN adopté, à une voix près, à l’Assemblée », lcp.fr, 30 octobre 2025.

[25]  Hocine Zeghbib, « L’accord franco-algérien de 1968, reflet de relations politiques tourmentées », L’Année du Maghreb [en ligne], 32, 2024. 

[26]  Serge Audier, La pensée anti-68. Essai sur les origines d’une restauration intellectuelle, Paris, La Découverte, 2009.

[27]  Geneviève Goëtzinger, « Libération de Boualem Sansal : le comité de soutien hausse le ton », revuepolitique.fr, 18 juillet 2025.

[28]  Sophie Des Déserts, « Boualem Sansal : Les secrets d’un transfert explosif », Libération, 2 avril 2026.

[29]  Faris Lounis, « Par-delà la tutelle de l’extrême droite française, libérez Boualem Sansal ! », blogs.mediapart.fr, 26 mars 2025.

[30]  Elisabeth Philippe, Véronique Groussard et Nathalie Funès, « ‘Ils lui ont retourné le cerveau’ : comment Boualem Sansal est tombé dans l’escarcelle Bolloré », nouvelobs.com, 6 avril 2026.

[31]  Raphaëlle Rérolle et Nicole Vulser, « Autour de Boualem Sansal, un ‘malaise’ grandissant », lemonde.fr, 7 avril 2026.

[32]  Joseph Reinach, Les commentaires de Polybe, Paris, Eugène Fasquelle éditeur, 1916.

[33]  Lucas Bretonnier, « Arnaud Benedetti, Sansal, sa bataille », Libération, 30 mars 2026.

[34]  « Emmanuel Macron déplore les ‘mabouls’ qui veulent ‘se fâcher avec l’Algérie’ à propos des médecins à diplôme étranger », lemonde.fr, 27 avril 2026.

[35]  Arnaud Benedetti, « Macron, l’Algérie et les ‘mabouls’ : dix ans d’incurie présidentielle en cinq actes », atlantico.fr, 28 avril 2026.

[36]  Arnaud Benedetti, « Le colonialisme, ‘une faute de la République’ : Macron et la stratégie de la repentance », valeursactuelles.com, 23 décembre 2019.

[37]  Arnaud Benedetti, « Repentance : Macron, sous-traitant de la propagande algérienne », valeursactuelles.com, 8 mars 2021.

[38]  Arnaud Benedetti, « L’édito d’Arnaud Benedetti », revuepolitique.fr, 28 mars 2025.

[39]  Arnaud Benedetti, « Attaque du Hamas contre Israël, une réplique de la guerre menée par l’islam contre l’Occident », valeursactuelles.com, 9 octobre 2023.

[40] Xavier Driencourt, « Algérie, Israël : ‘Comment nos faiblesses intérieures empoisonnent notre politique étrangère’ », lefigaro.fr, 25 juillet 2025.

Nedjib Sidi Moussa est docteur en science politique, enseignant et auteur de 6 livres dont ‘Histoire algérienne de la France’ et ‘Algérie, une autre histoire de l’indépendance‘.

Cet article est paru initialement sur le blog Left Renewal.

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