À l’approche du 115e anniversaire de la Journée internationale des femmes, Perempuan Mahardhika [1] et Amnesty International Indonésie ont tenu une discussion publique le 24 février 2026 à Jakarta, intitulée « Résister au contrôle de l’État sur les droits en matière de santé reproductive ». Cet article rend compte de cette discussion, qui a réuni des perspectives du mouvement des femmes, des organisations de droits humains et du plaidoyer en matière de santé sexuelle et reproductive pour mettre à nu la logique politique derrière les réglementations qui contrôlent les corps et la sexualité. La discussion était modérée par Audrey Kartisha de l’Institute for Criminal Justice Reform (ICJR, Institut pour la réforme de la justice pénale). [2]
La discussion a affirmé que les restrictions des droits en matière de santé reproductive ne touchent pas seulement la santé des femmes — elles sont intimement liées à la régression démocratique, à la montée de l’autoritarisme et aux violations des droits humains sous un régime militariste. La criminalisation et le contrôle des corps engendrent la peur, rétrécissent l’espace des libertés civiques et affaiblissent les mouvements sociaux qui luttent pour la justice. [3]
La politique d’assujettissement des corps et le régime militariste
Dans ses remarques d’ouverture, Mutiara Ika Pratiwi, présidente de Perempuan Mahardhika, a déclaré :
« Nous avons choisi ce thème en voyant comment notre pays se dirige de plus en plus vers un gouvernement de caractère militariste, où la politique économique est conçue pour renforcer l’armée et, au-delà, pour renforcer l’idéologie militariste que nous voyons aujourd’hui dans le gouvernement Prabowo. » [4]
Elle a ajouté que pour la Journée internationale des femmes de cette année, Perempuan Mahardhika se concentrait sur la résistance à la politique d’assujettissement des femmes :
« Nous nous concentrons sur la résistance à la politique d’assujettissement des femmes parce que nous voulons faire comprendre que l’oppression des corps est absolument au cœur du système qui s’effondre autour de nous — sa démocratie, son économie, la pauvreté, l’exploitation — tout cela va de pair avec la violence contre les femmes. » [5]
Selon Ika, les droits en matière de santé sexuelle et reproductive (DSSR) sont rarement considérés comme un enjeu central dans la lecture de la décomposition du système :
« Pourquoi cette discussion se concentre-t-elle sur les droits en matière de santé sexuelle et reproductive ? Parce que cette question n’est presque jamais traitée comme centrale pour comprendre à quel point le système est pourri. Nous voulons apporter une perspective féministe intersectionnelle à la construction d’un mouvement. La libération des corps est vitale pour construire une meilleure Indonésie. » [6]
Les corps des femmes ont toujours été contrôlés
Sarah, de Perempuan Mahardhika Jakarta, a mis en lumière comment le contrôle des corps commence dès la petite enfance :
« Depuis notre naissance, le corps des femmes est toujours contrôlé. Nous n’avons aucune autorité sur notre propre corps. » [7]
Elle a expliqué que les rôles de genre sont inculqués dès l’enfance : « Les femmes sont émotionnelles, les hommes sont rationnels, les hommes sont les pourvoyeurs — depuis qu’on est petites, ça a toujours été comme ça, la vérité acceptée pour que la vie continue. » [8]
Le contrôle des corps, a-t-elle soutenu, n’est ni unique ni réductible au seul choix individuel :
« Le contrôle étatique des corps à travers les DSSR, c’est pas unique, c’est pas un choix individuel. C’est pas juste l’absence de maladie — c’est aussi l’épanouissement, savoir avec qui on veut avoir des relations sexuelles, comment on veut définir sa sexualité. » [9]
Sarah a souligné que le corps occupe une position stratégique dans le système économico-politique :
« C’est une question de maintien de l’accumulation du capital. Nos corps sont puissants — nos corps soutiennent le système de reproduction sociale qui existe dans ce monde. Alors l’État veut les contrôler pour maintenir les profits et le pouvoir dominant du statu quo — pour perpétuer le capitalisme et le patriarcat, la binarité de genre et l’hétéronormativité. » [10]
Elle a aussi souligné l’existence de corps marginalisés : « Il y a des corps queer, des corps handicapés, des corps éloignés de tout accès. » [11]
Faisant le lien avec l’histoire, elle a rappelé la période de l’Ordre nouveau : [12]
« L’Ordre nouveau a une histoire de planning familial forcé, surveillé et contrôlé par les militaires, de dépolitisation du mouvement des femmes, de confinement des femmes au foyer. C’est frappant quand on fait le lien avec aujourd’hui — le régime Prabowo fait la même chose. » [13]
Le contrôle des femmes, a-t-elle dit, est considéré comme une stratégie clé du pouvoir : « Contrôler les femmes est considéré comme une stratégie importante. Ils nous frappent de tous les côtés. Dès qu’on a de l’autonomie, on est stigmatisées, étiquetées immorales. » [14]
Cette stigmatisation est présente dans la vie quotidienne : « Dans la vie de tous les jours, dans les espaces privés — rentrer tard, porter un crop top, un short — immorale, comme ça, au quotidien. » [15]
Elle a également abordé la situation politique actuelle : « En 2026, en ce moment même, on voit une situation où penser de manière critique vous envoie en prison. Surtout pour les jeunes — on fait face à des défis de plus en plus chaotiques. Comment on est censées affronter ça ? » [16] [17]
Dans le contexte du travail et du capitalisme, Sarah a ajouté :
« D’après la recherche de Perempuan Mahardhika à Morowali auprès de 16 ouvrières, seulement 4 d’entre elles avaient déjà eu accès au congé menstruel. La violence est partout maintenant. Le travail contractuel flexible. La réalité de l’intersection entre le capitalisme et notre absence totale d’autonomie corporelle est devenue complètement folle. Les méthodes sont de plus en plus sournoises. On n’a aucune autonomie. Le capitalisme et comment il fonctionne pour se perpétuer. » [18]
L’avortement devrait être un droit à la santé, pas un crime
Ika Ayu de Samsara [19] a affirmé que l’avortement est la question de DSSR la plus marginalisée :
« L’avortement comme enjeu de DSSR est vraiment repoussé aux marges. On le relie constamment à la moralité, à l’économie, à la réglementation et à tout le reste. L’avortement est la manifestation la plus concrète du contrôle étatique sur le corps des femmes — ou pour élargir, sur le corps de toute personne ayant la capacité de tomber enceinte. » [20]
Elle a fait référence aux exceptions pour l’avortement dans la réglementation depuis 2009 : « Les exceptions pour le viol et les urgences médicales existent depuis 2009. Mais pendant tout ce temps, il n’y a eu aucun accès réel à l’avortement tel que promis par les exceptions dans la loi sur la santé. C’est comme une promesse en l’air. » [21]
Selon elle, la réglementation extrêmement restrictive rend l’accès impossible : « Avec une réglementation aussi restrictive — reliez les articles de la loi sur la santé, les règlements d’application, le Code pénal — il n’y a rien. On ne peut pas accéder à l’avortement. L’État veut criminaliser de plus en plus de femmes. » [22] [23]
Elle a questionné la logique de la grossesse forcée : « Est-ce que toute personne ayant la capacité de tomber enceinte doit obligatoirement tomber enceinte ? Non. Doit-elle obligatoirement poursuivre sa grossesse ? Non. Mais si on nous y oblige — une grossesse, ça suffira pas. » [24]
Elle a poursuivi : « La réglementation devrait faire en sorte que les gens puissent accéder aux services. De quoi l’État a-t-il si peur pour que chaque question de DSSR finisse par être criminalisée ? Pourquoi toutes les accusations visent-elles les corps des femmes, les corps queer ? » [25]
Elle a également souligné l’absence d’éducation sexuelle complète : « Est-ce qu’on reçoit une éducation sexuelle complète ? Le site web du ministère a les modules mais ils ne peuvent pas être utilisés en pratique — c’est juste une formalité. Moralement, l’éducation sexuelle est considérée comme dangereuse pour les enfants, pénale pour les enfants. Ce qui devrait être notre droit devient une infraction pénale. Ça devient de la terreur. » [26]
Cette situation fait que les gens ont peur de chercher des soins : « Si on ne peut pas poursuivre une grossesse, est-ce qu’on oserait en parler ouvertement à l’hôpital, à sa voisine ? » [27]
Ika Ayu a déclaré : « Éloigner les gens de l’accès aux soins de santé — c’est la discrimination la plus flagrante. Mariée, non mariée. La contraception est limitée. Le contrôle par la réglementation, la criminalisation — ça éloigne les gens des soins de santé. Ça devient une façon de tuer les gens lentement, de tuer les femmes lentement. » [28]
Elle a également mis en garde : « La terreur est structurée — simplement donner une information peut vous valoir des poursuites pénales. L’avortement, qui devrait faire partie de nos droits, qui devrait améliorer notre santé, est au contraire classé comme criminel. L’État nous impose ça. » [29]
Citant les directives mondiales : « L’OMS a toute une série de directives sur l’avortement, mises à jour chaque année, y compris sur l’avortement autogéré. Mais c’est coupé — en Indonésie ce n’est pas possible. Ce qu’on obtient à la place, ce sont des pratiques irresponsables qui mettent des vies en danger — comme la surconsommation de pilules de quinine qui entraîne la mort. » [30]
Le refus d’accès mène à la mort et à l’inégalité de classe : « Le refus de l’accès à l’avortement mène à la mort — il y a plein de cas. Si ce n’est pas la mort, c’est la discrimination. Ceux et celles qui peuvent y accéder sont ceux et celles qui ont de l’argent. La question de l’avortement n’est pas seulement une question d’échec de contraception — c’est une question de classe. » [31]
L’autonomie corporelle est un droit humain
Nurina Savitri d’Amnesty International Indonésie a affirmé : « L’avortement devrait être vu comme relevant de l’autonomie corporelle. Mais en fait, ça reste un privilège pour certains, pas pour la plupart des gens. Alors que fondamentalement, c’est notre autonomie corporelle. » [32]
Elle a expliqué que l’autonomie corporelle va au-delà de l’avortement : « L’autonomie corporelle est très étroitement liée aux DSSR. Au-delà de l’avortement, le droit de ne pas avoir d’enfants, les rapports sexuels consentis, le choix de genre — tout cela en fait partie. » [33]
Dans le contexte mondial, elle a souligné la tendance autoritaire : « À l’échelle mondiale, la montée des pratiques autoritaires est très friande de contrôle — y compris le contrôle de l’autonomie corporelle. C’est un outil politique, un outil de contrôle, un outil idéologique. » [34]
Elle a donné des exemples de politiques reproductives utilisées comme instruments : « La Chine avait une politique de l’enfant unique. Singapour a des politiques qui donnent des incitations à ceux qui ont des enfants. La reproduction a déjà été transformée en outil, pas en autonomie. Alors l’État ne veut pas accorder une autonomie corporelle absolue. Plus on est autonomes, plus on est difficiles à contrôler. » [35]
L’Indonésie a pourtant ratifié divers instruments internationaux des droits humains : « Nos droits devraient être pleinement garantis — alors pourquoi c’est jamais mis en pratique, jamais utilisé comme base fondamentale ? » [36]
Elle a affirmé : « Ce n’est pas un sujet sensible — c’est un droit fondamental. » [37]
Refuser la politique de la peur
La discussion a affirmé que le droit à la santé sexuelle et reproductive fait partie intégrante des droits humains inhérents à chaque personne, et qu’aucune circonstance ne peut en justifier la réduction. L’État n’a aucune légitimité pour révoquer, restreindre ou réduire ces droits au nom de la moralité, de l’ordre public ou d’une quelconque interprétation unique des valeurs sociales.
L’avortement fait partie des soins de santé reproductive sûrs, légaux et dignes. Criminaliser l’avortement n’est pas une solution — c’est une violence structurelle qui accroît les risques de décès, d’appauvrissement et de souffrance pour les femmes, en premier lieu pour les femmes pauvres, les survivantes de violences sexuelles et les groupes vulnérables dont l’accès aux soins de santé est inégal depuis le départ.
L’État n’a pas le droit de contrôler les corps, les choix reproductifs et la vie privée des citoyen·nes sous prétexte de moralité. Une démocratie substantielle n’est possible que lorsque chaque personne dispose d’une pleine souveraineté sur son corps — sans peur, sans intimidation, sans menace de criminalisation.
La discussion a donc rejeté la politique d’assujettissement et de destruction des corps. Elle a rejeté le contrôle étatique qui régente les utérus, surveille les relations intimes et punit les choix de vie des citoyen·nes. Elle a rejeté l’utilisation du droit comme outil de mise au pas morale. La lutte pour la souveraineté corporelle est la lutte pour libérer la société de l’emprise du patriarcat et de l’autoritarisme, et pour garantir que la dignité humaine prime sur les intérêts du pouvoir.
Notes
[1] Perempuan Mahardhika est une organisation féministe fondée à Jakarta en 2003, qui lutte contre toutes les formes de discrimination et de violence sexiste à l’égard des femmes. Sur ses activités, voir Perempuan Mahardhika, « Voici à quoi ressemble une campagne féministe de gauche indonésienne », Europe Solidaire Sans Frontières. Disponible sur : https://europe-solidaire.org/spip.php?article76441
[2] L’ICJR est une organisation de recherche et de plaidoyer basée à Jakarta, travaillant sur la réforme de la justice pénale en Indonésie.
[3] Cette discussion était l’une des deux discussions publiques organisées par Perempuan Mahardhika en amont de la Journée internationale des femmes 2026. Pour un compte rendu de la première discussion, voir Perempuan Mahardhika, « Je veux reconquérir ma liberté : résister à la politique d’asservissement des femmes indonésiennes », Europe Solidaire Sans Frontières. Disponible sur : https://europe-solidaire.org/spip.php?article77996
[4] « Tema ini kami ambil melihat bagaimana situasi negara kita yang semakin menunjukkan karakter pemerintahan yang militeristik, arah ekonomi politik dan kebijakan dirancang untuk memperkuat militer dan lebih jauh lagi memperkuat ideologi militeristik yang saat ini kita lihat dalam pemerintahan Prabowo. »
[5] « Kami dalam IWD ini berfokus pada tema melawan politik penundukan perempuan karena kami ingin megarusutamakan penindasan tubuh sangat sentral pada sistem di dunia yang sedang runtuh baik itu demokrasinya, ekonominya, kemiskinan, eksploitasi beriringan dengan kekerasan terhadap perempuan. »
[6] « Mengapa diskusi kali ini berfokus pada hak kesehatan seksual reproduksi karena jarang sekali isu ini dianggap sebagai isu sentral dalam melihat bobroknya sistem, kami ingin menghadirkan perspektif feminis interseksional dalam upaya membangun pergerakan. Pembebasan atas tubuh sangat penting untuk membangun Indonesia yang lebih baik. »
[7] « Dari bayi tubuh perempuan selalu dikontrol. Kita tidak punya otoritas atas tubuh. »
[8] « Peran gender perempuan emosional, laki-laki rasional, breadwinner, dari kita kecil selalu jadi pemahaman yang benar agar hidup ini terus berjalan. »
[9] « Kontrol atas tubuh dari negara atas HKSR tidak tunggal, bukan pilihan individu. Tidak hanya tentang tidak ada penyakit, tapi juga terpenuhi, mau seks dengan siapa, mau mendefinisikan seksualitas bagaimana. »
[10] « Upaya mempertahankan akumulasi modal. Tubuh kita powerful, tubuh kita menopang sistem reproduksi yang ada di dunia. Sehingga negara ingin mengontrol agar keuntungan dan kuasa yang dominan tetap status quo-nya, mempertahankan kapitalisme dan patriarki, kebineran dan heteronormativitas. »
[11] « Ada tubuh queer, tubuh disabilitas, tubuh yang jauh dari akses. »
[12] L’Orde Baru (Ordre nouveau) était le régime autoritaire du président Suharto (1966–1998). Sur l’idéologie du kodrat wanita (« nature féminine ») imposée par l’Ordre nouveau et la destruction du mouvement féministe Gerwani, voir Adam Novak et Pierre Rousset, « Indonésie 1965-2025 : quand passé et présent s’entrechoquent », Europe Solidaire Sans Frontières. Disponible sur : https://europe-solidaire.org/spip.php?article77337
[13] « Orba punya sejarah menggencarkan KB yang dipaksa dan dipantau, diawasi militer, mendepolitisasi gerakan perempuan, mengurus rumah tangga. Menarik untuk dikaitkan dengan konteks hari ini rezim Prabowo juga melakukan hal yang sama. »
[14] « Dianggap sebagai strategi yang penting mengontrol perempuan. Dibenturkan dari banyak sisi. Ketika kita punya otonomi, distigma, dicap amoral. »
[15] « Keseharian dari ruang privat, pulang malam, crop top, celana pendek, amoral, di keseharian. »
[16] « 2026 di masa ini kita melihat situasi yang menindas dengan kritis dipenjara. Khususnya orang muda kita punya banyak tantangan yang makin kacau. Gimana seharusnya kita bisa menghadapi ini. »
[17] Sur la criminalisation massive des jeunes manifestants en 2025, voir Alliance des femmes indonésiennes (API), « Déclaration à propos des manifestations actuelles en Indonésie : Prabowo, Halte à la violence d’État ! », Europe Solidaire Sans Frontières. Disponible sur : https://europe-solidaire.org/spip.php?article76109
[18] « Dari penelitian Mahardhika di Morowali terhadap 16 orang buruh perempuan, hanya 4 orang di antaranya yang pernah akses cuti haid. Kekerasan sekarang luas. Kerja kontrak fleksibel. Realita persinggungan kapitalisme dan kita gak punya otonomi atas tubuh makin gila sekarang. Cara-caranya makin licik. Gak punya otonomi. Kapitalisme dan bagaimana ia bekerja untuk dipakai terus melanggengkan. »
[19] Samsara est une organisation indonésienne qui milite pour les droits en matière de santé sexuelle et reproductive, avec un accent particulier sur l’accès à l’avortement sécurisé.
[20] « Aborsi sebagai isu HKSR dipinggirkan banget, sering dikaitkan dengan moral, ekonomi, regulasi dan hal-hal lain. Aborsi itu wujud paling nyata kontrol negara ke tubuh perempuan atau dikembangkan lagi ke orang yang punya kapasitas untuk hamil. »
[21] « Perkosaan dan darurat medis udah ada pengecualian dari 2009. Tapi sepanjang itu tidak ada akses aborsi seperti dijanjikan pengecualian aborsi di UU Kesehatan. Kayak harapan kosong. »
[22] « Regulasi serestriktif itu, hubungkan pasal-pasal di UU Kesehatan, UU pelaksana, KUHP itu gak ada. Kita gak bisa punya akses aborsi. Negara ingin kriminalisasi lebih banyak perempuan. »
[23] Le nouveau Code pénal indonésien (Kitab Undang-Undang Hukum Pidana, KUHP) est entré en vigueur le 2 janvier 2026. Sur les implications plus larges des nouvelles lois pénales, voir Rudi Hartono (entretien), « Indonesia’s frightening new criminal laws », Europe Solidaire Sans Frontières. Disponible sur : https://europe-solidaire.org/spip.php?article77647
[24] « Apa semua perempuan yang punya kapasitas untuk hamil wajib hamil ? Tidak. Apakah wajib melanjutkan kehamilannya ? Tidak. Tapi kalau kita diwajibkan dan wajib, hamil gak cukup satu. »
[25] « Regulasi harusnya memastikan orang bisa mengakses. Kira-kira negara takut apa sehingga semua HKSR jatuhnya mengkriminalisasi ? Kenapa semua tuduhan ke tubuh perempuan, tubuh queer ? »
[26] « Apakah kita dapat pendidikan seksual yang komprehensif ? Di website kementerian ada modulnya tapi itu gak bisa dipakai, hanya formalitas. Secara moral pendidikan seks dianggap berbahaya bagi anak, pidana bagi anak. Yang harusnya jadi hak kita itu jadi pidana. Jadi teror. »
[27] « Kalau gak mampu melanjutkan kehamilan apakah berani orang bicara terbuka ke RS, ke tetangganya ? »
[28] « Meminggirkan orang dari akses kesehatan itu diskriminasi paling nyata. Menikah, tidak menikah. Kontrasepsinya terbatas. Kontrol ke regulasi, kriminalisasi itu menjauhkan orang dari akses kesehatan. Itu jadi upaya membunuh orang, perempuan perlahan-lahan. »
[29] « Terornya terstruktur, memberi info saja kita dipidana. Aborsi yang seharusnya jadi bagian dari hak, memperbaiki situasi kesehatan kita, malah masuk di kriminal. Negara memaksa. »
[30] « WHO punya panduan aborsi berderet diperbarui tiap tahun, bahkan self-manage abortion. Tapi diputus, di Indo gak bisa. Akan serampangan yang membahayakan, misal konsumsi pil kina kebanyakan meninggal. »
[31] « Penolakan aborsi berujung kematian ada banyak. Kalau gak ya berujung diskriminasi. Yang bisa akses ya yang punya uang. Isu aborsi bukan cuma isu gagal kontrasepsi, ini isu kelas. »
[32] « Aborsi seharusnya dilihat sebagai otonomi tubuh. Tetapi faktanya masih menjadi privilege bagi sebagian orang, tidak bagi banyak orang. Padahal mendasar otonomi tubuh kita. »
[33] « Otonomi tubuh sangat berkaitan erat dengan HKSR. Selain aborsi, hak gak punya anak, seks konsensual, pilihan gender juga termasuk di dalamnya. »
[34] « Di global kenaikan praktik otoritarianisme sangat gemar mengontrol, termasuk kontrol otonomi tubuh. Alat kebijakan, alat kontrol, alat ideologis. »
[35] « China dahulu punya kebijakan satu anak. Singapura punya kebijakan yang punya anak dikasih insentif. Reproduksi sudah jadi alat, bukan otonomi. Sehingga negara gak mau beri otonomi tubuh absolut. Semakin kita otonom semakin sulit diraih. »
[36] « Harusnya dijamin penuh hak kita, tapi kenapa gak pernah dipraktikkan dan dijadikan acuan mendasar ? »
[37] « Ini bukan isu sensitif, ini hak dasar. »
L’original indonésien de cet article est paru initialement sur le site web de Perempuan Mahardhika. Cette traduction française, réalisée par Wendy Lim et Adam Novak, est parue initialement sur le site web d’Europe Solidaire Sans Frontières.
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